mercredi 29 février 2012

Samedi 25 Février

Ce samedi, c’est notre dernier jour et nous avons prévu de réceptionner la bibliothèque en compagnie de la direction du lycée ainsi que des membres de l’association. Arrivés à 9 h à la paroisse Saint-Emmanuel, nous constatons une salle de classe complétement repeinte et dont le mur du fond est garni d’étagères en bois. Nous attendent, tous les membres de l’administration du lycée, tous sur leur 31.

« L’éducation est la base de tout » - M. le Proviseur

 Après avoir fait connaissance avec l’ensemble de l’assistance, nous déposons sur les étagères les plus de 300 livres que nous avions emmenés avec nous. Après un discours remarquable, le Proviseur, nous exhorte à prendre la parole et nous nous prononçons, chacun notre tour, sur la globalité de notre séjour burkinabè. Dans la plus grande convivialité, nous officialisons la remise de la bibliothèque au lycée en remettant quelques livres au proviseur sous les flashs de l’assemblée. Ensuite, l’équipe pédagogique nous a remis quelques cadeaux en remerciement de notre action et a servi quelques rafraichissements dans une ambiance totalement détendue par les blagues d’un Edouard en forme olympique !

Peu à peu la bibliothèque s’est vidée de ses invités éphémères, pour ne laisser qu’A.LA.VI. et nous dans la pièce. Nous sommes alors partis en direction de l’antenne la plus proche de la paroisse afin de régler quelques derniers préparatifs. Une fois encore c’est de façon débridée que plusieurs femmes de l’association se sont prises au jeu de la photographie avec nous, remplissant tout le monde de bonne humeur ! Ayant acheté des bonbons, nous nous sommes dirigés vers un groupe d’enfants non loin afin de leur en proposer, et aussi de toucher le cuir autour de quelques jongles avec Gautier et Camille.

« Tu peux te resservir » - Aissetou, à à peu près tout le monde

Aissetou nous a, par la suite, conviés à prendre le déjeuner chez elle. Dans sa maison, où étaient réunis de nombreux membres de l’association, nous avons dégusté du poulet, ainsi que du tô (pâte à base de farine de maïs macérée dans l’eau pendant plusieurs jours). Dès la fin du repas, Moumouni nous a raccompagnés à l’auberge, où nous avons préparé nos valises pour le départ prévu le soir.

Dès lors, nous nous sommes longuement entretenus avec Patrick pour négocier le prix de ses prestations sans pourtant réussir à nous mettre d’accord. Pour couper court aux pourparlers, Camille et Patrick sont partis en scooter chercher des poulets pour le dîner de tout le monde. Après une chevauchée fantastique dans la jungle des deux roues, les deux compères sont revenus les mains pleines de quatre poulets grillés, deux kilos de pommes de terre, 1,5 litres d’eau, un tapis de prière et de trois poulets … vivants. Patrick nous a alors proposé un cours de « coupe de cou » de poulet. A l’arrière de la cour poussiéreuse, armé d’un couteau de boucher impressionnant, le tenancier bloque les deux ailes du poulet avec ses pieds pendant que celui-ci tente de se débattre tant bien que mal. Une fois la tête sectionnée, c’est avec un calme olympien qu’il « fais un nœud » avec les ailes et jette négligemment le gallinacé quelque mètres plus loin. Celui-ci s’agite encore, secoué de spasmes tandis que notre hôte s’attaque au deuxième, pédagogue au possible pour nous expliquer la chose. C’est donc des images plein les yeux que nous allons déguster les collègues des égorgés, ceux déjà grillés qui nous attendent dans nos assiettes…

A 21h30, c’est l’heure du départ, et Geoffroy et Moumouni nous escortent jusqu’à l’aéroport. Soucieux de retrouver leurs familles, ils se retirent rapidement pour nous laisser dans la fournaise du terminal de Ouga. Après plusieurs heures d’attente, au moment de l’enregistrement, c’est avec stupeur que nous apprenons que nous allons être séparés pour le voyage. En effet, notre vol est en surbooking, et cloue au sol Camille et Marion…

samedi 25 février 2012

Vendredi 24 Février


Comme prévu, c’est à la réserve naturelle de Nazinga que nous allons passer la journée. M. Parkouda nous a spécifié d’être prêts pour 5h30, pour partir aux aurores. En effet, la route est longue jusqu’au site car 150 km de route burkinabè nous séparent de notre destination. Levés à 5h donc, nous émergeons tant bien que mal dans la fraîcheur du matin. Passés les 6h, notre ami n’est toujours pas là, et malgré nos appels, celui-ci n’arrive que sur le coup des 8h… Nous apprenons alors qu’un voyage d’affaires l’a retenu à Bobo Dioulasso à l’Ouest du pays. Celui-ci, en retard sur sa journée de travail, nous expédie à bord d’un pick-up conduit par Alassane, notre chauffeur de la journée.

Une fois le réservoir du 4x4 plein, nous filons sur le bitume de la « voie rapide », qui se révèle être, en fait, une deux fois une voie séparés par une ligne discontinue délavée. Théoriquement limitée à 50 km/h, l’autoroute nous voit foncer à 150 km/h, zigzagant entre les camions surchargés, les bus bondés jusqu’au toit, les cyclistes ou encore les ânes charriant des carrioles de fortune. Alassane, armé de son klaxon, frôle les gens sur le bas côté pour nous mener à destination (à ce moment-là, nous utilisions le conditionnel…).

Au bout d’une heure et demie, nous nous retrouvons bloqués par un gendarme à la kalachnikov bien en vue. Le pont situé quelques mètres plus loin est en pleine réfection pour le passage d’un convoi exceptionnel pour une centrale électrique. Le long de la route en plein  soleil, où attendent, entre autre, un camion rempli de bovins, nous errons tuant le temps à coup d’aller-retour sur l’asphalte brulant. Au bout d’une heure, les militaires nous font enfin signe de circuler et nous pouvons traverser le pont.  Nous sommes encore à 50 km de la réserve.
5 km plus loin, le goudron s’arrête pour laisser place à une piste. Nous croisons alors un groupe de nomades se déplaçant à dos de dromadaires. Après avoir pris une photo, le chef nous demande une piécette que nous lui donnons.

« Dieu n’a qu’à te rembourser » - un nomade

Dès lors, sur la piste nous n’avions plus rien à envier à nos camarades du 4L Trophy, puisque les dos-d’âne enchainaient sur les nids de poules (voire d’autruche) nous chahutant dans le Mitsubishi. Arrivés au portail de la réserve, l’employé nous montre un barème de facture, détaillant les prix pour les locaux et les étrangers, multipliant la note par cinquante le cas échéant ! Sont aussi comptés le port d’appareils photos, l’utilisation d’ULM ou d’aéronef (ils sont prudent les africains !). Il nous reste 35 km à parcourir pour atteindre le cœur de la réserve. Sur le chemin nous croisons déjà des éléphants, déambulant ou se prélassant dans une mare, pendant que nous suons dans un pick-up à peine climatisé. Un guide nous a été détaché pour la visite. Donc, aventuriers, nous montons dans la benne du 4x4, pour être au vif de l’action.

« Le mâle a des cornes mais pas la femelle » - notre guide, sur les ourébis.

Après quelques problèmes d’équilibre sur la route cahoteuse, nous trouvons notre position et apprécions à sa juste valeur la nature environnante. Notre accompagnateur à l’œil acéré détecte pour nous la moindre trace de faune dans la savane. Sortant sa tête scarifiée (par son ethnie natale) de la fenêtre du passager pour nous expliquer le comportement de tel ou tel animal, et bien sûr nous donner le nom des stars de la journée. Le site comptant plus de 600 éléphants, nous en croisons logiquement beaucoup. Mais se montrent aussi, en dépit de la chaleur (40°C à l’ombre), des cobs de Buffon et des ourébis (sortes d’antilopes), des babouins, des cobs Defassa (petit buffle), des phacochères, des martins pêcheur et bien d’autres espèces encore.

Au détour d’un virage, nous croisons un éléphanteau encadré de ses deux parents. Ceux-ci jugeant la trajectoire de notre tout-terrain trop menaçante, ont commencé à nous charger. Notre guide cria donc sur Alassane pour lui dire d’accélérer pour s’éloigner du couple anxieux ! Notre chauffeur n’attendait que ça et s’engage dans un rallye, finissant par une embardée pour faire demi-tour. Nous avons fini secoués et empoussiérés, mais indemnes !

Après avoir parcouru les chemins tortueux de la réserve, nous partons affamés en quête d’un déjeuner … à 17h. C’est à la frontière du Ghana que nous trouvons notre bonheur. L’encas vite avalé, nous repartons vers Ouagadougou, où M. Parkouda nous attend à 19 h pour dîner. Alassane, là encore, avale la route sur un disque usé par une journée d’écoute (au bas mot, six musiques sur le CD…). Sur le coup des 18H40 nous arrivons à l’auberge. Il nous reste 5 minutes chacun pour nous décrasser de la poussiéreuse journée que nous venons de passer. Arrivé aux alentours de 22 h, M. Parkouda nous a emmené au restaurant où nous avons échangé jusque tard dans la nuit, puis nous aramené à notre auberge vers 1h du matin.

jeudi 23 février 2012

Jeudi 23 Février


Tanghin Dassouri nous voila ! Mais avant, nous avons exécuté un petit crochet par l’aéroport : « WANTED ‘La petite valise verte pomme’ - Pleine ou vide ! ». Nous sommes en effet toujours sans nouvelle du bagage de Camille, après 8 jours de recherche.

Dans le recueillement, nous avons pris la route de Tanghin pour visiter l’antenne d’A.LA.VI. basée dans ce petit village. C’est Moumouni lui-même, fondateur de l’association, qui a créé et administre aujourd’hui ce centre. Ces bureaux ont la particularité d’avoir eu beaucoup de partenariat avec la France que ce soit pour des approvisionnements en médicaments ou en fourniture scolaire pour les orphelins.

« Vous êtes pas fous !? Il fait chaud au Burkina ! » - Notre retraitée à propos 
d'un retour en France

Escortés par Moumouni dans son fief, nous nous sommes arrêtés à l’entrée de la ville pour qu’il nous présente une jeune retraitée française avec laquelle il avait déjà travaillé et qui s’est installée à Dassouri pour ouvrir un foyer accueillant les enfants des villages ruraux alentours en âge d’aller au collège. Elle leur permet ainsi d’avoir un accès plus simple à l’éducation, mais avant tout, de bénéficier d’un confort indispensable pour étudier (du calme, de la lumière, un bureau). Afin de financer son projet, celle-ci a ouvert un restaurant. Ainsi, ses jeunes apprentis cuisiniers peuvent se former et aussi générer des fonds pour nourrir et loger les pensionnaires.
Tous remontés dans la Mercédes aux sièges de cuir brulant, nous arrivons, dans un nuage de poussière, sur le parking de la mare aux crocodiles sacrés. A l’entrée, on nous propose des poulets. Non pas pour les manger cette fois, mais pour les donner en festin aux dangereux reptiles. Un homme, muni d’un bâton, agite la poule désespérée au dessus de la gueule menaçante des bêtes afin de les rapprocher de nous. D’un signe de main, il nous invite à nous asseoir sur l’un d’eux. Petit moment d’hésitation avant un pic d’adrénaline (ou d’inconscience, à vous de voir !). Enfin, chacun des membres a gardé les siens ! Notre guide a ensuite jeté la poule au milieu du lac pour laisser place à un déchainement "crocodilien" en règle. Une fois la poule dévorée, nous sommes allés visiter le village des artisans jouxtant la mare.

« J’ai 12 femmes et 55 enfants » - le chef du village

Nous avons croisé un vieil homme tissant le coton « à l’ancienne », un vendeur de tam-tam, un singe acrobate mais ficelé à son arbre ainsi que des tortues de poche. Moumouni a ensuite tenu à nous présenter le chef du village qui se trouvait être le village natal de notre guide. Le patriarche entouré de son « conseil » siégeait à l’ombre d’un baobab. Même si la tradition veut que l’on se déchausse pour saluer le chef, celui-ci, peu à cheval sur les traditions nous met tout de suite à l’aise. L’homme au visage buriné et au sourire disparate ne parle pas français, mais communique par le biais de ses suiveurs. Le village n’est quasiment habité que par ses enfants puisque sa fertilité lui a permis d’en faire plus d’une demi-centaine. Il a, par le passé, collaboré avec Alain Jupé, et est le propriétaire de la ferme aux crocodiles. Sentant la fin arriver, il s’est fait construire une statue à son effigie chevauchant fougueusement un étalon, d’environ 5 mètres. Il a aussi terminé de construire sa propre sépulture (ça c’est de la prévoyance retraite !).

Dès lors, nous avons pris congé du chef pour visiter une fabrique de beurre de Karité. Moumouni nous en a expliqué le processus avant que nous en achetions quelques kilos pour notre retour au bercail !

Sur ces entrefaites, nous sommes passés à l’association pour renégocier et régler le devis de la bibliothèque. Nous avons profité de l’occasion pour glisser un mot à nos amis sur la probable poursuite du projet par un groupe de première année de notre IUT.

Mercredi 22 Février


Pour la première fois du séjour, nous avons mit la main à la pâte ! Au programme : retaper la bibliothèque ! Armés de papier de verre nous avons tous les quatre poncé les 80m2 désaffectés. Après trente seconde de frottage intensif nous avons été assailli par des tonnes de poussière de peinture et avons dû recourir à des masques de fortune. Une fois les murs dégagés, c’est avec des balais antédiluviens que nous nous sommes débarrassés de ladite poussière. Puis, sous le soleil de la capitale, nous avons attendu le peintre qui devait amener la peinture. C’est en scooter que celui-ci est arrivé avec deux seaux de 10 litres de cette peinture tant attendue (oui oui sur le scooter, les 20 litres !). Le peintre s’est ensuite adonné à un mélange, pour le coup, « manuel » de la peinture. Ici, toutes les peintures sont blanches, il faut y mettre du colorant soi-même pour obtenir la teinte désirée. C’est donc à pleine main (voire bras) que l’ouvrier a brassé le liquide pour lui donner une couleur jaune. Munis de pinceaux plus vieux que les balais, nous avons donc passé la première couche sur les murs. Mais pressés par le temps et malgré une pause déjeuner à peine parisienne (30 minutes), nous avons dû nous résigner à laisser l’équipe d’ouvriers finir le travail sans nous.



« Avoir deux femmes, non ! Mais par contre, je découche souvent »
- Patrick parlant de la fidélité

En effet, M. Parkouda, l’ami d’Arthur, nous avait programmé une sortie sur le grand marché de Ouagadougou. Cependant notre contact a mis un peu de temps pour arriver. Cela nous a donné l'occasion de discuter un peu avec Patrick. Cette fois, c’est le mariage, les rapports homme-femme, l’amour et le développement de l’Afrique qui sont passés au crible ; notre hôte délivrant une multitude de perles pour nos oreilles européennes !

Notre ami arrivé, c’est en direction du marché que nous partons. Celui-ci est ouvert tous les jours de la semaine du lever jusqu’au coucher du soleil. Menés par un guide auto désigné nous avons arpenté les rues de Ouaga à la recherche de souvenirs. Pressés de monter dans une échoppe, nous avons découvert un hangar rempli de tenues autochtones, de bijoux fait mains ou de foulards en coton tissé. Se sont alors déroulées les négociations les plus âpres de nos vies, menées par un vendeur pratiquant « le prix du Français » (idéalement touriste…) et un Gautier impassible. Ce dernier faisant diviser par trois le prix des tuniques.  Galvanisés par cet exemple, nous avons repris notre route, assaillis de toutes parts par des vendeurs venus des quatre coins du marché pour nous proposer en exclusivité leur marchandise. C’est donc entourés de cinq vendeurs chacun que nous avons dû procéder à nos achats ! Revenus à la voiture, le chauffeur de M. Parkouda nous a emmené jusqu’aux bureaux de son patron.

D'imposants camions militaires et des gardes postés à l’entrée nous ont accueilli, ainsi que le propriétaire des lieux. Conduits jusqu’à son bureau, nous avons pu échanger une nouvelle fois avec l’homme d’affaires qui nous a montré des photos de ses différentes réalisations pour la communauté burkinabè. Il est en réalité, avec la mairie de Ouagadougou et le Grand Lyon (représente !) responsable de la gestion des déchets de la capitale. Il approvisionne aussi la police et l’armée en équipement. Ces diverses activités (entre autres) lui ont valu de se voir remettre par le Président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, la médaille de l’ordre de Chevalier. Nous avons, par ailleurs, organisé notre journée de vendredi avec lui et décidé d’une expédition dans la réserve de Nazinga au Sud du pays.

«  Et joyeux anniversaire madame Renée ! » - un chanteur au Jardin des Amis
Le chauffeur nous a ensuite déposé aux « Jardin des Amis », au centre géographique de Ouaga. Le restaurant s’est trouvé être un énorme repère de touristes puisque la quasi-totalité des tables étaient occupées par des blancs. Après de délicieux poulets-bicyclettes, nous sommes rentrés à l’auberge, pour finir, une fois encore, notre journée sur la terrasse, en compagnie des employés de Patrick : Salif et Nina.


Mardi 21 Février


Aujourd’hui, nous quittons la ville pour une journée touristique. Nous avons d’abord commencé par la visite du parc animalier de Ziniaré à l’Est de Ouaga. Certaines cages étaient vides et les autres remplies d’animaux qui s’ennuyaient sévèrement ! Nous avons tout de même croisé des éléphants mangeurs de bois, les toilettes d’un hippopotame en plein réfection (nécessitant quand même une bonne quinzaine d’ouvriers, pelles à la main !), une tortue quasi empaillée et un quatuor de vautours tout droit sorti d’un film de Walt Disney.



Ensuite, 10 km plus loin, nous avons atterri à Laongo, site de sculptures africaines et parfois même européennes, sur granit. Ce site est en fait un medley d’œuvres d’artistes du monde. Réunis chaque année en symposium, les artistes sculptent pour le Burkina, dans des blocs de granit, de belles pièces retraçant l’histoire de l'Afrique et les coutumes locales.

Petit passage aux stands ! Nous avons trouvé un maquis pour nous restaurer. Après une longue attente nous nous sommes rendus compte que nos hôtes étaient partis quérir les pommes de terre pour confectionner nos frites au lieu de nous informer de leur absence.

« Elle ne voulait pas perdre une occasion de se faire de l’argent »
 - Moumouni à propos desdites frites.

 Nous avons ensuite repris la route pour Manega. Parsemant la brousse, des villages traditionnels, peuplés de cases, apparaissent au gré des kilomètres. Une fois à destination, nous nous retrouvons dans un petit village retiré, abritant un musée des rites et traditions africaines. Un endroit fabuleusement mystique ! Où parfois les photos ne sont pas autorisées, pour ne pas déranger les esprits. Nous apprendrons alors que pour entrer dans la pièce où repose un défunt, il faut se déchausser et entrer à reculons. En effet, les Mossis (ethnie majoritaire au Burkina Faso) pensent que la mort est le retournement de la vie et que pour respecter l’âme du regretté, il faut « retourner » nos habitudes. Nous avons aussi pu découvrir l’intérieur des cases africaines d’époque, encore parfois d’actualité dans les espaces ruraux. Mais aussi les tenues du XIIIe siècle qui ont servi pour la guerre et ce jusqu’au XXe, quand la France fit appel à ses colonies pour combattre l’Allemagne, pendant  la Première Guerre mondiale.

Après, nous sommes revenus sur Ouaga 2000 et avons prospecté pour la première fois dans une grande surface. Surprise ! Les produits dans les rayons sont pour la plupart français, et surtout aux dates limites de consommation (largement) dépassées. Nous nous rappellerons de ces bouteilles de lait périmées depuis Août 2011… Mais comme une surprise n’arrive jamais seule, c’est alléchés par une carte généreuse que nous avons poussé les portes du L.A.O., un restaurant sino-africano-européen (rien que ça !). Il s’est malheureusement avéré que les plats étaient fantômes pour leur majorité…

mardi 21 février 2012

Lundi 20 Février


Réveil programmé vers 8h00. Les élèves nous attendent à l’école pour 9h afin de partager un cours de français de sixième et de seconde. Nous avons poursuivi avec une séance de questions de la part des élèves de secondes.


« C’est quoi ton Face(book) ? » - Des élèves à la sortie du cours

En classe, rien de très différents de chez nous : bavardages, portables et autres distractions ; mis à part le fait que leur effectif dépasse largement les 90 élèves par classe ! Pour ponctuer cet échange et mettre tout le monde d’accord, on sort le ballon : rien de tel qu’un cinquante contre cinquante sur un terrain de terre battue aux limites floues. La seule chose sûre, c'est qu'une fois le ballon dans les filets, tout le monde était de la même équipe !

L’après midi était dédiée aux visites des librairies pour satisfaire à la liste établie précédemment par David, le bibliothécaire. 

« Je reviens vous chercher dans 5 minutes ! » - François, notre chauffeur pour la journée

Ces 5 minutes se sont transformées en une bonne heure ! En effet, la clé du véhicule menaçait de céder, le chauffeur est donc revenu à pied nous informer de la problématique. Édouard, grand chevalier dans sa 406 SW aux sièges patinés et au compteur figé, est venu nous chercher pour nous permettre de réaliser notre quête. Nous avons découvert, à notre grande surprise, des étales complets de livres concernant la gestion et la comptabilité : précis de fiscalité, plan comptable général et manuel de DCG. On se sentait comme chez nous !

Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés dans une pépinière située au bord de la voie rapide. Improbable et charmant lieu de culture.

« Je suis un aventurier ! » - M. Parkouda

Rentrés à l’auberge, nous avons accueilli M. Parkouda, un ami de la famille d’Arthur, entrepreneur aux activités multiples au Burkina et ailleurs. Celui-ci nous a raconté ses nombreux voyages en Europe occidentale, en Asie ou aux États-Unis. Conquis par sa réussite autodidacte, nous avons convenu de nous revoir. M. Parkouda nous a donc invité à visiter une réserve naturelle située dans le sud du pays, proche du Ghana.

Dimanche 19 Février


Le dimanche, le temps s’arrête au Burkina Faso… Même la police est au repos ! Nous avons donc prit le rythme du pays en passant notre matinée à échanger avec les différents employés de l’auberge. Patrick, le gérant, nous en a beaucoup appris sur la vie des Burkinabès. Plusieurs sujets ont été évoqués : le mariage, le coût de la vie, l'entrepreneuriat, la justice…

« A 15 ans la fruit est mûr, tu peux taper dedans ! » - Patrick, à propos du mariage

Nous avons enchainé sur un déjeuner, toujours aux couleurs locales. D’énormes assiettes remplies d’Atieke, un couscous de manioc servi avec des petits dés de légumes frais et une sauce tomate dans laquelle baignent des filets de carpe grillés. Plusieurs dizaines de livres sont passés à l’enregistrement durant l’après-midi. Dès que la chaleur fut plus tolérable, nous avons endossé nos sacs à dos chargés de bouteilles d’eau fraîche et sommes partis pour une petite balade dans Ouaga 2000. Telle une oasis dans le désert, nous avons croisé le chemin d’un restaurant disposant d’une piscine. 

 


 








Après avoir joyeusement tremper nos pieds nous sommes rentrés à l’auberge pour prendre un dîner sur le toit.