Ce
samedi, c’est notre dernier jour et nous avons prévu de réceptionner la
bibliothèque en compagnie de la direction du lycée ainsi que des membres de l’association.
Arrivés à 9 h à la paroisse Saint-Emmanuel, nous constatons une salle de classe
complétement repeinte et dont le mur du fond est garni d’étagères en bois. Nous
attendent, tous les membres de l’administration du lycée, tous sur leur 31.
« L’éducation
est la base de tout »
- M. le Proviseur
Après avoir fait connaissance avec l’ensemble
de l’assistance, nous déposons sur les étagères les plus de 300 livres que nous
avions emmenés avec nous. Après un discours remarquable, le Proviseur, nous exhorte à prendre la parole et nous nous prononçons, chacun notre tour, sur
la globalité de notre séjour burkinabè. Dans la plus grande convivialité, nous
officialisons la remise de la bibliothèque au lycée en remettant quelques
livres au proviseur sous les flashs de l’assemblée. Ensuite, l’équipe
pédagogique nous a remis quelques cadeaux en remerciement de notre action et a
servi quelques rafraichissements dans une ambiance totalement détendue par les
blagues d’un Edouard en forme olympique !
Peu
à peu la bibliothèque s’est vidée de ses invités éphémères, pour ne laisser qu’A.LA.VI.
et nous dans la pièce. Nous sommes alors partis en direction de l’antenne la
plus proche de la paroisse afin de régler quelques derniers préparatifs. Une
fois encore c’est de façon débridée que plusieurs femmes de l’association se
sont prises au jeu de la photographie avec nous, remplissant tout le monde de
bonne humeur ! Ayant acheté des bonbons, nous nous sommes dirigés vers un
groupe d’enfants non loin afin de leur en proposer, et aussi de toucher le cuir
autour de quelques jongles avec Gautier et Camille.
« Tu peux te resservir » -
Aissetou, à à peu près tout le monde
Aissetou
nous a, par la suite, conviés à prendre le déjeuner chez elle. Dans sa maison, où
étaient réunis de nombreux membres de l’association, nous avons dégusté du
poulet, ainsi que du tô (pâte à base de farine de maïs macérée dans l’eau
pendant plusieurs jours). Dès la fin du repas, Moumouni nous a raccompagnés à l’auberge,
où nous avons préparé nos valises pour le départ prévu le soir.
Dès
lors, nous nous sommes longuement entretenus avec Patrick pour négocier le prix
de ses prestations sans pourtant réussir à nous mettre d’accord. Pour couper
court aux pourparlers, Camille et Patrick sont partis en scooter chercher des
poulets pour le dîner de tout le monde. Après une chevauchée fantastique dans
la jungle des deux roues, les deux compères sont revenus les mains pleines de
quatre poulets grillés, deux kilos de pommes de terre, 1,5 litres d’eau, un
tapis de prière et de trois poulets … vivants. Patrick nous a alors proposé un
cours de « coupe de cou » de poulet. A l’arrière de la cour
poussiéreuse, armé d’un couteau de boucher impressionnant, le tenancier bloque
les deux ailes du poulet avec ses pieds pendant que celui-ci tente de se
débattre tant bien que mal. Une fois la tête sectionnée, c’est avec un calme
olympien qu’il « fais un nœud » avec les ailes et jette négligemment
le gallinacé quelque mètres plus loin. Celui-ci s’agite encore, secoué de spasmes
tandis que notre hôte s’attaque au deuxième, pédagogue au possible pour nous
expliquer la chose. C’est donc des images plein les yeux que nous allons
déguster les collègues des égorgés, ceux déjà grillés qui nous attendent dans nos
assiettes…
A
21h30, c’est l’heure du départ, et Geoffroy et Moumouni nous escortent jusqu’à l’aéroport.
Soucieux de retrouver leurs familles, ils se retirent rapidement pour nous
laisser dans la fournaise du terminal de Ouga. Après plusieurs heures d’attente,
au moment de l’enregistrement, c’est avec stupeur que nous apprenons que nous
allons être séparés pour le voyage. En effet, notre vol est en surbooking, et
cloue au sol Camille et Marion…